VIVEMENT LUNDI POUR UN AVENIR EN COMMUN !

4 Mai 2017
DR Manifestation du 1er mai - Crédit Stéphane Burlot

Cette campagne présidentielle est bientôt finie. Ouf ! Depuis le 23 avril elle nous semble bien longue, bien lourde aussi. Le débat mercredi entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen l’aura carrément rendu indigeste. Voilà, sans conteste, le débat le plus pitoyable de second tour qu’il m’ait été donné de voir. Les deux ont été mauvais mais Marine Le Pen aura été catastrophique. Manifestement les éléments qu’elle a copiés entre les deux tours sur les programmes d’autres n’ont pas été compris. Cela s’est senti. Ses précautions pour adoucir les pires aspérités de son programme n’ont pas suffit. Le vernis a souvent craqué comme le rictus qui est décidément la marque de son clan familial. Témoin, parmi d’autres, cette énumération des « secteurs » sur lesquels récupérer de l’argent. La finance ? Les Surprofits ? Bien sûr que non : les immigrés et ce qu’elle appelle la fraude sociale. Dans la terminologie du FN c’est la supposée fraude des pauvres. Pas un mot par contre sur la fraude fiscale. Quant à la politique économique au fond elle s’appuie sur les mêmes ressorts que celle de son adversaire d’un soir : exonérations massives de ce que les deux appellent les « charges «  sociales dans la plus pure tradition des politiques de l’offre. La seule différence, c’est la méthode avec laquelle ces deux-là entendent mener la guerre économique : par le libre échange pour Macron, par la concurrence entre les économies nationales pour Le Pen. Ces deux là, tout aussi productivistes l’un que l’autre,  auront également réussi la performance de ne pas parler de l’environnement.  

En voyant ce débat j’ai pensé aux centaines de milliers de personnes qui ont dû se demander hier soir pourquoi diable ils n’avaient pas mis un bulletin Jean-Luc Mélenchon dans l’urne le 23 avril. Même un Dominique Seux, l’économiste libéral, en convenait ce jeudi matin sur les ondes de France Inter : « Jean-Luc Mélenchon aurait été un adversaire bien plus redoutable pour Mr Macron ». Evidemment. C’est même pour cela que les partisans avoués ou secrets de Mr Macron, Messieurs Hollande ou Cambadélis par exemple, ont désigné sur la fin de campagne, Jean-Luc Mélenchon comme l’adversaire à abattre plutôt que Mme Le Pen. Si besoin en était, on a compris hier les raisons pour lesquelles le système souhaitait Marine Le Pen comme adversaire de son poulain. Toujours aussi dangereuse pour les libertés, la leader du FN n’est pas un danger pour le libéralisme. Elle reste sa digue de protection la plus efficace.

Je pense que ce débat n’aura rien modifié pour le vote de dimanche pas plus que ce 2ème tour ne réglera les problèmes du pays. Mr Macron a beau s’illusionner, il ne disposera dimanche de pas plus de légitimité politique pour faire ingurgiter au pays sa potion amère que François Hollande. Le combat qui s’annonce contre sa politique sera rude, nous le mènerons sans lésiner. Macron ne disposera d’aucun état de grâce. Les législatives vont donc constituer un vrai 3ème tour. Je reprends à ce stade un extrait de ma tribune publiée mardi dernier dans l’Humanité : « Tous les espoirs sont permis si nous mobilisons l’électorat de Jean-Luc Mélenchon. Comme l’ont scandé spontanément des insoumis-e-s lors de la manifestation du 1er mai notre campagne des législatives doit être offensive. Aborder cette échéance pour élire des député-e-s de résistance voir une « une opposition de gauche » serait en deça des circonstances et du potentiel qui est le notre à la sortie des Présidentielles. La décomposition du vieux monde et de la social-démocratie connaîtra en effet une nouvelle étape lors de cette élection. Il nous appartient donc d’en faire également une nouvelle étape dans la révolution citoyenne. Cela réclame de mettre les législatives dans les pas de la présidentielle sous la bannière de France Insoumise, de poursuivre la bataille culturelle et idéologique entamée. On ne change pas une formule qui a remporté un résultat inédit pour notre espace politique. Nous n’avons certes pas fédéré tout le peuple, - mais qui l’imaginait possible en quelques mois ? -, mais une frange déterminante a repris conscience et confiance dans sa force et ses capacités. A cette condition, on peut a minima empêcher le président élu de disposer d’une majorité et donc bloquer son programme, voir même ambitionner une majorité pour l’Avenir en Commun. Pour le dire autrement, après que Marine Le Pen eut été dégagée le 7 mai, aux élections législatives ce sera à nous de dégager le projet d’Emmanuel Macron ! »

Voilà donc nos tâches à partir de lundi. Pour ma part je les accomplirai dans la 1ère circonscription du 93 (St Ouen, Ile St Denis, Epinay) où les insoumis-e-s ‘m’ont fait l’honneur de m’investir. Jean-Luc Mélenchon y est arrivé largement en tête avec plus de 38 % des voix et depuis le 23 avril, comme dans toutes les assemblées citoyennes, de nouvelles énergies affluent. Je trouverai face à moi, entre autres, le député sortant Bruno Leroux qui, sans gène, s’y représente malgré sa démission forcée du ministère de l’intérieur. Je serai ravi de le renvoyer à une vie professionnelle lui qui a utilisé les subsides publics de l’assemblée nationale comme argent de proche (de luxe) pour ses enfants.

Avant cela j’irai voter dimanche. On nous demande souvent ce que nous ferons dans l’isoloir. Le choix n’est pas simple. Nous sommes beaucoup à hésiter. En revendiquant obstinément un vote d’adhésion, Mr Macron rend encore plus dur, pour ses opposants politiques, de mettre un bulletin de vote à son nom afin de faire barrage à l’extrême-droite. Et puis la différence dans les sondages entre lui et Mme Le Pen ne reste-t-elle pas suffisamment large pour ne pas avoir besoin de voter en se pinçant le nez ? Pour ma part mon choix reposera sur un principe : ne pas déléguer à autrui ce que je crois nécessaire de faire. Dit autrement je ne me vois pas laisser ce fardeau à d’autres. Or il n’est  pas nécessaire mais vital que Mme Le Pen soit battue pour plusieurs raisons dont les  principales sont celles-ci : si l’extrême-droite a déjà pris le pouvoir par le suffrage universel dans l’histoire, rare sont les fois où c’est par ce biais qu’on a ensuite pu l’en déloger ; le danger de la politique xénophobe revendiquée sera immédiate et terrible pour ceux qui sont déjà les plus discriminés de mes concitoyens. Ce n’est pas un appel ni même une recommandation, juste un choix personnel ni plus, ni moins respectable que celles et ceux avec qui, ayant en commun le « pas une voix pour le FN », choisiront de voter blanc ou de s'abstenir en ces circonstances compliquées. Mais j’estimais logique de le dire.

A part ça, vivement lundi… 8 mai, date de la victoire sur le nazisme, pour continuer à bâtir l’espoir d’un avenir en commun.

 

 

 

 

 

 

Commentaires

Bonsoir Monsieur Coquerel, Je vous souhaites un grand succès lors des législatives car la France et l'humanité ont besoin de gens comme vous pour construire un monde plus solidaire. Pour l'élection présidentielle, il ne faut rien craindre, MLP ne dépassera pas les 10 millions de voix, donc elle devrait être autour de 30 % et pas les 40 comme annoncés par les sondeurs. Le chantage au vote nécessaire en faveur du sieur Macron n'a comme objectif que de lui assurer une large victoire pour qu'il puisse légitimer son programme de casse sociale. Dès dimanche soir, le matraquage médiatique prônera le vote utile en faveur d'En Marche afin de donner une majorité présidentielle au nouveau président et le motif en sera que sans majorité, la France sera ingouvernable, se sera le cahot, ... Bref, le TINA dans toute sa splendeur. Je ne doute pas que l'intelligence de JL Mélenchon et de toute l'équipe de la FI dont vous êtes un des chefs de file les plus en vue saura trouver la parade pour mener à bien cette nouvelle bataille des législatives. Résistance Jean-Marie Liégeois Belgique

Le poète : Tout a été dit, Tout reste à faire... !