DERRIERE LE PEN A WHIRPOOL, CELLE QUI REVE DE S'EN PRENDRE AU DROIT DE GREVE

26 Avril 2017
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Je regarde devant mon écran Mme Le Pen tenter de séduire le vote de la contestation sociale en allant soutenir les salariés et leurs syndicats sur le piquet de grève de Whirpool. Revoilà donc la candidate du FN qui nous rejoue la passonnaria sociale. Elle nous prend pour des imbéciles. Comme depuis le début de cette campagne, elle adapte son discours aux circonstances et à son auditoire. Bien sûr face à un candidat du libéralisme assez stupide pour demander un vote "adhésion", elle aurait tort de se priver de faire dans le cynisme. Mais nous n'avons pas une mémoire de poisson rouge. Quand il le fallait Mme Le Pen a toujours été du mauvais côté de la barrière sociale, contre les mobilisations syndicales. N'est-ce pas elle qui traitait les salarié-e-s en grève contre la loi Sarkozy sur les retraites de "gréviculteurs" ? N'est-ce pas elle qui, la première dans cette campagne, a proposé d'augmenter le salaire net en "tapant" dans la part socialisé des salaires que sont les cotisations sociales au lieu de prendre sur les marges bénéficiaires du capital ? Une arnaque copié il est vrai par d'autres depuis. Mais surtout, vu que son discours change sans cesse, je vous invite à lire le programme officiel de son parti "Notre projet. programme politique du FN (2012-2017)" pour y voir plus clair sur ses projets en matière de répression syndicale. Ceux qui tiennent avec raison le piquet de grève à Whirlpool doivent savoir ce que justement elle compte faire du droit de grève, si par malheur elle parvenait au pouvoir. Ce programme imagine en effet "une grande réforme des syndicats" dont la conséquence sera qu'"ils seront plus à même d'entrer dans les logiques de concertation constructives et moins tentés de recourir à un rapport de force (grève, manifestation) pour pallier leur manque de légitimité". (page 66, cité dans le "Le FN et la Société Française" éditions Utopia). Chaque fois qu'il a fallu s'en prendre aux libertés syndicales, l'extrême-droite a toujours été du côté du manche et a cogné fort. Pas une voix pour le Marine Le Pen et le FN !