SOUTIEN AUX DEBOULONNEURS ANTI-PUB

11 Octobre 2016
DR conours des déboulonner de Lyon

Ce 11 octobre à 13h30, 7 militants de l'association des déboulonneurs passent devant le tribunal pour "barbouillage" d'écrans publicitaires. Voilà mon mon mot de soutien que je pourrais résumer ainsi : les déboulonneurs sont des lanceurs d'alerte, et les lanceurs d'alerte on ne les traduit pas devant les tribunaux, on les protège !

POURQUOI JE SOUTIENS LES 7 MILITANTS QUI PASSENT EN PROCES :  

Ce 11 octobre a lieu un procès de plus de membres des Déboulonneurs. Sept militants se retrouvent devant la justice pour un simple barbouillage d’écrans publicitaires.

Je voudrais ici dire pourquoi je leur apporte mon soutien et espère que le tribunal leur rendra justice. Plus largement je veux dire pourquoi je soutiens les actions non violentes des Déboulonneurs.

Je considère en effet que leurs actions défendent l’intérêt général et le bien commun. 

La publicité de marque qui envahit les rues et murs de nos villes, nos routes, les espaces publics, notamment de transport, n’est rien d’autre justement qu’une privatisation et une commercialisation de l’espace public. A cet égard il est anormal que les citoyen-e-s et les élu-e-s aient aussi peu leur mot à dire. Alors que la France organise la COP 21 comment ne pas voir que le consumérisme forcené auquel nous invite la plupart des publicités est contraire aux intérêts environnementaux de l’Humanité. De quel droit l’espace public est ainsi surutilisé pour nous forcer à acheter ce dont nous n’avons pas besoin ? Des produits dont pour beaucoup l'obsolescence est programmé ? Est-ce normal que les cerveaux des citoyens que nous sommes se retrouvent contraints, parce que piétons, usagers des transports publics et même automobilistes, à être littéralement "gavés" de ces appels commerciaux à consommer ?

Poser cette question est y répondre.

On nous dira : ce n’est pas nouveau.

A ce niveau, si. Déjà le contexte n’est plus non plus le même. J’ai parlé de l’urgence climatique mais l’urgence sociale est tout aussi présente : inciter ainsi nos concitoyen-ne-s à surconsommer dans une période où le pouvoir d’achat du plus grand nombre stagne voir baisse est d’un cynisme absolu. Ceux qui leur ouvrent les espaces publics sont ainsi co-responsables de l’explosion du surendettement en France.

Et puis la publicité envahit cet espace public comme jamais elle ne l’a fait. Et parfois même en contournant la loi. Pourquoi ne se retrouvent pas devant les tribunaux ceux qui acceptent des procédés illégaux ? Par exemple, combien aujourd’hui d’affichages très grand format (bâches) dans les rues de la capitale ne respectent pas la législation y compris dans des sites protégés ? Il suffit de se promener dans les rue de Paris pour les dénombrer. Est-ce que ne devraient pas se retrouver devant les tribunaux ceux qui ont accepté des écrans publicitaires animés dans les transports, qui nous asservissent plus que tout autre au message publicitaire ?

A l'inverse ce sont donc les victimes de ces procédés qu'on accuse ! Je considère en réalité les Déboulonneurs comme des lanceurs d’alerte. Et en tant que tels, ils ne devraient pas se retrouver devant les tribunaux mais être au contraire protégés.

  Eric Coquerel

Coordinateur du Pärti de gauche

Conseiller régional Ile-de-France