En soutien aux salariés de Pétroplus

Photo Jean-Luc Dron
A l'appel de l'intersyndicale des salariés de la raffinerie Petroplus de Petite-Couronne, les partis politiques étaient conviés à apporter leur soutien ce mardi 4 février à quelques heures de l'expiration du délai pour déposer les offres sur la raffinerie et ses 470 salariés auprès de l'administrateur judiciaire de Rouen. Je m'y suis retrouvé, accompagné d'une trentaine de militants du PG de Seine-Maritime dont notre conseiller régional de Haute-Normandie Christian Gauthier. Après une intervention aussi combative qu'émouvante du porte-parole de l'intersyndicale Yvon Scornet, je suis intervenu au nom du PG quelques minutes après le député socialiste Guillaume Bachelay. Voici les mots que j'ai lancé du haut de l'estrade installée devant le site et dans un froid glacial. 
 
"Je viens surtout vous apporter le soutien plein et entier de Jean-Luc Mélenchon, qui ne pouvait être présent aujourd'hui car retenu au parlement européen, et de tous les militants du PG. Je dirais même toute notre fraternité et notre reconnaissance envers votre combat exemplaire. Sachez qu'en ces heures cruciales, vous n'êtes pas seuls. Nous sommes beaucoup de militants, d'élus et plus largement de concitoyennes et concitoyens à se sentir solidaires de votre lutte. Nous sentons bien que se joue dans des entreprises comme ici beaucoup plus que votre propre sort, déjà si important.
En ce moment, à travers les luttes dans l'automobile, dans la métallurgie ou la raffinerie, c'est l'avenir de l'industrie qui se joue. Veut-on oui ou non conserver de l'industrie, des usines, des capacités de productions dans des secteurs stratégiques pour notre pays ? Alors il ne suffira pas de regretter, de dire "on vous a compris mais..." : on ne peut laisser ces décisions au main des marchés, des actionnaires, d'entreprises comme Shell qui vous a abandonné à des financiers avec l'espoir en outre que vous ne vous en sortiez pas pour ne pas concurrencer ses propres activités de raffinerie qu'elle a délocalisées. La solution vient de ceux qui sont garants de l'intérêt général et non du court termisme des marchés. Il faut un coup d'arrêt à l'escalade destructrice en cours, il faut le porter ici. Car le gouvernement a les clefs en main. Guillaume Bachelay a expliqué tout à l'heure que le gouvernement donnera sa "garantie la plus forte possible aux salariés". Il n'en est qu'une : de tout mettre en oeuvre pour que le site redémarre y compris, si un repreneur n'est pas trouvé, par la nationalisation !
Car enfin si le gouvernement récuse un repreneur parce qu'il est iranien c'est donc que cette raffinerie appartient à un secteur stratégique pour notre pays. Et si c'est le cas et qu'il refuse le dossier qui paraissait le mieux bouclé financièrement, alors il doit nationaliser. Et que l'on ne nous dise pas qu'il n'y a pas les moyens. Nous en proposons un rapide : de prendre une infime partie des 20 milliards de crédit d'impôts alloués aux entreprises sans condition dans le cadre du pacte de compétitivité. Au moins voilà de l'argent qui servirait à l'emploi et à l'industrie.
Vous salariés et vos syndicats vous avez largement rempli votre part de travail : vous avez sauvé votre outil de production ce qui a même débouché sur une loi dite "Petroplus" légitimant ainsi votre décision ; vous avez montré qu'il n'y avait pas de surcapacité de raffinage en France mais au contraire des importations, vous avez suscité des appels d'offres... Vous défendez l'intérêt général qui réclamerait un grand pôle public de l'énergie. C'est maintenant au gouvernement et au partis qui le soutiennent de prendre leurs responsabilités. La raffinerie doit redémarrer de façon pérenne avec la totalité des salariés !"
 
 
PS de dernière minute. A 20h, un texto de Yvon Scornet, le porte-parole de l'intersyndicale, m'apprend que l'administrateur a reçu 5 propositions de reprise dont des solides. La vie continue grâce à la résistance et l'opiniatreté des salariés. On lâche rien ! Oui, décidément on ne lâche rien !