POUR UN SOMMET INTERNATIONALISTE DU PLAN B

18 Août 2015
DR Crédit Stéphane Burlot

Le 3ème mémorandum imposé à la Grèce en échange d’un nouveau prêt de 86 milliards d’Euros a donc été adopté à la fois par le parlement Grec et par les pays de l’Eurogroupe. Nous l’avons analysé ici même dès sa sortie (« La Grèce n’est pas un protectorat allemand » : http://www.eric-coquerel.fr/node/296) : il est pire que celui soumis au vote du référendum du 5 juillet. Il est même pire que les mémorandums précédents contre lesquels la victoire de Syriza s’était bâtie. Il va donc accroître l’austérité dans une Grèce sous perfusion, privée de tout moyen de relancer son activité économique.  Impossible dans ces conditions d’éviter l’aggravation de la récession.

Jusqu’au bout les responsables allemands auront menacé  de ne pas valider l’accord. Comme s’ils faisaient un cadeau mirifique à la Grèce. Pour justifier ce jeu de massacre, des responsables de l’Eurogroupe auront, la mine grave, expliqué que « les sommes prêtées sont conséquentes ». Que dire quand on sait que l’évasion fiscale coûte 1000 milliards d’euros aux peuples de l’UE sans émouvoir un instant ses mêmes  instances dirigeantes ?

Les sommes en jeu n’expliquent donc pas la rigidité de l’Eurogroupe vis à vis de la Grèce : il s’agit de questions politiques. Il leur fallait punir et humilier le gouvernement de la gauche radicale en Grèce coupable de s’être opposé six mois durant à l’ordo-libéralisme et d’avoir indiqué la possibilité d’une nouvelle voie en Europe. Il fallait non seulement l’amener à la capitulation mais réclamer de lui qu’il fasse au moins mine de se soumettre à la logique politique de ses vainqueurs. D’où cette phrase dans l'accord reconnaissant dans la politique menée par Athènes les seules raisons de la situation du pays. Toute proportion gardée, les procès de Moscou ont eu recours à de pareilles méthodes…

Il fallait aussi placer la Grèce en situation de rembourser les intérêts et les créances des financiers. C’est d’ailleurs, une fois encore, à cela que servira la quasi totalité des 86 milliards peut-être prêtés. Je dis peut-être car comme le montre l’analyse de Romaric Godin dans un de ses excellents articles pour la Tribune, l’Eurogroupe peut à tout moment interrompre le goutte à goutte… (http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/grece-alexis-tsipras-a...)

Derrière l’accord, il y aussi des promesses d’affaires juteuses. L’obligation faite à la Grèce de privatiser plusieurs secteurs la contraint à brader (le couteau sous la gorge on ne vend jamais très cher) des pans entiers et rentables de son économie pour le bonheur de grands groupes et/ou puissances étrangères : électricité, eau, aéroports ou encore les ports du Pirée ou de Thessalonique etc…. Les deux derniers exemples sont éclairants. Le tourisme dans les îles fait des 14 aéroports régionaux privatisés des opérations extrêmement rentables. On s’étonnera à peine que la mise ait été raflée par l’entreprise allemande Fraport pour seulement 1,2 milliard d’euros.

Quant au port d’Athènes il est le premier au monde en terme de trafic maritime (et le 10ème toute catégorie)… Derrière cet accord c’est donc un véritable dépeçage de la Grèce en cours : un colonisation de fait.

Alexis Tsipras a du compter sur les voix de son opposition pour faire passer son plan au parlement, de plus en plus de députés de Syriza lui ayant fait défaut. On aura compris pourquoi. Ce sont les mêmes raisons qui avaient poussé, le 13 juillet, le PG à demander aux parlementaires français de voter contre, bientôt suivi par les partis de l’autre gauche en France et la plupart en Europe. Le bilan, on l’a vu, est en effet catastrophique. Il l’est aussi d’un point de vue démocratique puisque l’accord voté revient sur le mandat du gouvernement Syriza. Pour le moment, Alexis Tsipras garde dans son pays encore un crédit certain. Il est en effet, justement, considéré comme un responsable politique honnête dans un milieu largement corrompu. La colère du peuple grec se tourne davantage vers les pays jugés les plus responsables de cette situation, l’Allemagne évidemment en tête. Cela ne durera sans doute pas quand les conséquences concrètes de ce 3ème mémorandum se feront sentir dans un pays déjà exsangue. La bonne nouvelle c’est qu’au sein de Syriza, le débat a lieu.  L’heure de la résignation n’a pas sonné pour l’autre gauche grecque. On suivra donc attentivement son congrès en septembre.  Et il serait étonnant que la magnifique résistance du peuple grec contre la Troïka tout au long de ces six mois se soit évaporée. Difficile d’en dire plus aujourd’hui mais incontestablement la question grecque n’est pas derrière mais devant nous. L’irresponsabilité économique du 3ème mémorandum laisse de toutes façons le problème entier.

Pour autant, je ne ferai pas de langue de bois : pour l’Autre gauche européenne cette défaite est une rude nouvelle. Les avancées des uns sont en effet des points d’appui pour tous les partis de l’Autre gauche en Europe. La superbe résistance du gouvernement Tsipras constituait un tremplin pour Podemos en Espagne dès les prochaines législatives et pour nous ensuite. Et ainsi de suite. Sa capitulation est donc une mauvaise nouvelle. Elle le sera encore plus si nous ne sommes pas capable d’en tirer des leçons et, donc, des propositions.

C’est pourquoi nous mettons aujourd'hui sur la table un sommet du plan B.

Cette proposition part d’un constat : l’échec de Tsipras vient, justement, de l’absence de plan B. En entrant dans les négociations sans plan crédible de sortie de l’Euro-Mark au cas où l’Eurogroupe n’accepterait aucun compromis, les négociateurs grecs se mettaient, malgré leur ténacité et le soutien toujours plus massif de leur peuple, en grande difficulté. Yanis Varoufakis l’a très bien expliqué depuis. L’échec de Tsipras, c’est celle d’une ligne qui espère réformer l’UE, même radicalement, en tablant in fine sur le bon vouloir des autres pays européens. Si on considère le rapport de force en défaveur de la Grèce (seulement 14ème pays de l’UE sur le plan économique, la Grèce compte en outre beaucoup sur les importations), Tsipras et ses négociateurs ont d’ailleurs plutôt bien joué cette phase en tablant au maximum sur les contradictions internes à l’UE et en recherchant l’appui de la France. En mobilisant aussi son peuple comme l’a montré le référendum.

Toute cette période a eu l’immense mérite de déciller les yeux à beaucoup sur l’intransigeance de Mme Merkel et des pays satellites de l’Allemagne. Mais également sur la réalité de l’UE. Je devrais plutôt dire sa fiction. Il s’avère en effet que derrière la façade de  l’UE, la géopolitique entre les puissances européennes reste prédominante. Et dans cette tectonique européenne c’est l’Allemagne qui impose ses vues. On ne construit en réalité pas l’UE mais une Europe allemande. Avant juillet, affirmer cette vérité vous valait d’être traité de germanophobe, aujourd’hui elle est monnaie courante. Or comprendre la situation à laquelle vous devez faire face est déjà la base pour espérer la transformer. Parler d’Europe allemande n’est pas pointer du doigt une nation tout entière mais l’ordo-libéralisme que promeuvent ses dirigeants au nom des intérêts de son électorat et plus précisément de ses possédants : celle d’un Euro fort et d’une politique monétariste propre à assurer la croissance allemande par une politique d’exportation agressive tout en rassurant ses rentiers. Et parce que les traités de l’UE sont conçus pour cette politique, on a la confirmation que rien ne sera possible dans le cadre actuel. On ne peut réformer, il faut agir pour casser ce carcan. C’est la condition même pour sortir les peuples européens de l’ornière austéritaire et relancer un projet coopératif entre eux.

En se privant de tout recours au plan B, confronté à un terrible blocus financier de son pays, Alexis Tsipras ne pouvait espérer même ébrécher le mur. Mais force est de constater que le gouvernement Grec a été bien seul dans ce qui reste à ce jour la première tentative d’un gouvernement européen de résister à l’Europe austéritaire. A l’inverse, face à lui l’oligarchie  était, elle, bien unie. Alors que l’enjeu était grand pour les peuples d’Europe, nous n’avons jamais été plus de quelques milliers a manifester notre solidarité au cours de la période. Pire nous nous n’avons pas été en capacité d’aider M. Tsipras sur le fond, sur les négociations, sur les solutions à trouver, sur la manière d’échafauder un plan B crédible aux yeux du peuple et dont les conséquences ne menacent pas d’être pires que la soumission.  Le PGE aurait pu jouer ce rôle. Il n’a pas été en capacité de le faire sans doute parce qu’envisager, ne serait-ce que comme moyen de pression, de sortir de l’Euro ne fait pas partie de ses scénarios dominants.

L’heure est venue pourtant de tourner la page. Depuis plusieurs années le PG travaille sur un scénario « plan A/plan B » (à savoir l’action d’un gouvernement mixant désobéissance/négociation avec les traités pour transformer radicalement l’UE, le plan A, avec celui de sortie de l’Euro en cas d’intransigeance en face, le plan B). Depuis les conclusions de notre forum de juin 2010 animé par Jacques Généreux (« gouverner face aux banques) qui en traçaient déjà les perspectives sans le nommer jusqu’à la plateforme de notre congrès d’août dernier précisant encore davantage ce que pourrait être ce scénario en passant par les différentes déclarations de Jean-Luc Mélenchon et les travaux de notre commission économie animée par Guillaume Etiévant, le PG a largement contribué à le populariser. Aujourd’hui des responsables politiques européens l’évoquent clairement (tels Yanis Varoufakis ou Oskar Lafontaine). Il faut donc travailler à le crédibiliser toujours plus. Mais on ne peut le faire chacun dans notre coin. Notre vision du plan B est internationaliste. Il ne s’agit pas de s’en tirer au mieux dans chacun de nos pays en comptant sur les marges de manœuvre plus ou moins fortes que sa puissance économique, son poids démographique lui donnent. Bien sûr, il est plus aisé de concevoir un plan B en France en sachant que le chantage qui a été exercé sur la Grèce serait moins efficace vis-à-vis de la 2ème puissance économique de l'UE. Mais à l’inverse, il sera beaucoup moins facile aux partisans de ce scénario que nous sommes d’accéder au pouvoir pour le réaliser si un à un nos partenaires de l’autre gauche en capacité de gouverner finissent par accepter les diktats de Bruxelles et Berlin. Voilà pourquoi, dès maintenant, en prévision de ce qui peut se passer en Espagne, en Irlande et pourquoi pas de nouveau en Grèce selon l’évolution de la situation politique, il faut travailler concrètement tous ensemble à un plan B tenant compte des caractéristiques de chaque pays.

C’est là notre proposition : un sommet internationaliste du plan B dès le dernier trimestre 2015. Il réunirait toutes les forces de l’autre gauche de l’UE acceptant de travailler et de réfléchir concrètement à ce scénario, des personnalités, des économistes, des syndicalistes, des militant associatifs, altermondialistes… Il pourrait évidemment voir associer des forces de pays non membres de l’UE mais voisins, y compris de l’autre côté de la Méditerranée, intéressés par cette internationalisme concret. Il faut aller vite. Nous allons donc soumettre cette idée dans les jours à venir à des personnalités politiques de premier plan de nos différents pays afin qu’ils la fassent leur et appellent à ce sommet. Ce qui vient de se passer en Grèce ne sera pas vain, et même utile, si nous sommes ainsi capable de réagir. Il est plus que temps de franchir un cap.  

Commentaires

Merci pour cette analyse que je partage totalement, le seul point sur lequel je ne suis pas d'accord avec toi mon cher camarade est que le plan A face à une Allemagne telle qu'elle est aujourd'hui est évidemment caduc, et qu'il ne peut y avoir qu'un plan B tel que tu le définit ainsi que Jacques Généreux pour pouvoir leur tenir tête et sortir la nôtre de l'eau dans laquelle elle s'enfonce de jour en jour, bien à toi. Denis Faict PG18

Je suis d'accord avec votre proposition et l'argumentaire que vous développez. J'espère que le FdG en France et le PGE en Europe la feront leur. Je trouve bien aussi d'associer des pays du pourtour méditerranéen dans un premier temps. A terme tous les pays dépendants du FMI sont concernés me semble t-il.

Cessons de tourner autour du pot. il n'est pas d'alternative populaire sans sortir de l'UE et de l'euro. Nombreux en europe sont ceux qui l'expliquent : les communistes du PRCF en France, ceux du PCP au portugal, du KKE en grèce etc... Pourquoi vouloir se cacher derrière son petit doigts, alors que l'écrasement de la grèce à démontrer qu'il est impossible de défendre les intérets des travailleurs et de rester dans l'euro ?

Excellente idée: puisqu'elle vient de France, il faut organiser cela à Paris début décembre, dans le cadre des activités de la Coalition Climat 21: il y aura là déjà Alternatiba, le village mondial des alternatives aux changements climatiques (et à l'austérité, ça va ensemble!), qui réunira des représentants de tous les Alternatiba qui auront eu lieu en Europe d'ici là. Joignons ainsi les forces! Il est important, dans ce genre de mouvement, de marcher sur 2 pieds: valoriser à la fois les alternatives citoyennes concrètes et ce fameux plan B! Cf https://alternatiba.eu/

Merci de cette initiative. Refuser l Austérité et rester dans l Europe d aujourd'hui ne sont pas compatibles et la Grèce en fait les frais. Il faut un plan B effectivement.

d'autant plus d'accord, que si le plan A tourne en défaveur de l'Allemagne, c'est peut être elle qui sortira de l'euro

appuyons nous sur le PARTI DE GAUCHE EUROPÉEN présidé par Laurent et Tsipras au lieu de nous éparpiller et donner le FLANC aux coups de la DROITE européenne au lieu de faire FRONT au Patronat européen ....et ne tournons pas autour du POT il nous faut nous battre pour un communisme démocratique et à visage humain ......sinon NOUS sommes condamnés à "gérer" le capitalisme avec tous ses traités de DROITE de Maastricht à la Constitution Européenne

menons avec notre PGE présidé par Pierre Laurent une UNION qui nous permette vraiment de faire avancer nos propositions COMMMUNES issues du Programme du PCF

Tout à fait d'accord avec l'article, et très content de la prise de conscience qu'une Europe solidaire est impossible pour l'instant ! 1) A titre personnel, j'étais à Athènes les 26, 27 et 28 juin au Forum international contre l’Union européenne : Beaucoup de jeunes grecs, ailes gauche de Syriza, die linke, Italien, espagnole... La déclaration finale adoptée a été publiée sur divers site (dont MPEP, NPA....) http://tendanceclaire.npa.free.fr/breve.php?id=13626 Une nouvelle rencontre de ce Forum international est prévue au courant de l’hiver 2015-2016. Il serait utile d'y participer. 2) Ok, la sortie de l'UE et de l'Euro doit se faire avec une visée internationaliste. La proposition d'un sommet internationaliste est excellente. En même temps, la France me parait tout à fait capable d'initier seule le mouvement de sortie.. Puis d'autres peuples suivront et passeront des accords avec nous etc.... Cela doit-être proposé clairement dans notre programme pour attirer les suffrages (abstentionnistes, FN, frondeurs...) sans quoi on n'arrivera jamais au pouvoir !. Encore bravo

Je partage complètement ton point de vue : il faut que le plan B devienne le plan A ! Et cela, pas seulement du fait de la géopolitique au sein de la zone euro mais aussi parce que c'est l'unique façon de remobiliser le peuple de gauche…

Je relève quelques non-dits qui mènent à des contradictions, et qui n’émanent pas pour la première fois du PG ni uniquement de Éric : Son analyse part de la présence de mobiles purement politiques de la part de l’UE alors que l’Europe n’est plus dirigée par des politiques mais par des groupes d’intérêts économiques et financiers. Il faut dire les choses comme elles sont. Sinon, quel politique aurait par exemple un quelconque intérêt à privatiser les aéroports de l’Egée ? Éric écrit : « dans cette tectonique européenne c’est l’Allemagne qui impose ses vues. On ne construit en réalité pas l’UE mais une Europe allemande. » Je ne peux pas partager cette vue. L'Allemagne est simplement, pour des raisons historiques et macroéconomique qu'il serait trop long de développer ici, le pays qui a saisi le premier, contraint et forcé et naturellement aussi propulsé par son idéologie ultra-libérale, la nécessité de faire, face à la mondialisation, le forcing en matière de libéralisation de l'économie (comme l'a fait Thatcher avant cette nouvelle phase planétaire). Nous ne sommes pas dans un méchant dessein délibéré de l'Allemagne mais dans le respect le plus conséquent des règles du jeu néolibéral. Celui qui s'y conforme le mieux et celui qui peut le mieux faire avancer ses pions. C'est ce qu'a compris le duo Hollande/Macron qui ont balancé aux orties tout ce qui (héritage du CNR) est incompatible avec ces règles. On peut faire de belles voitures, mais si le CX est abracadabrant, elles ne seront pas "performantes". Les lois du néolibéralisme planétaires sont tout aussi implacables que la physique des fluides. La clé, c'est de le reconnaitre et de ne pas chercher des solutions dans une démarche qui resterait partie du problème, à savoir vouloir combattre des monopoles avec des ministres. Alors un Plan B ? Il faudrait que les masses s’en saisissent, pour plagier une citation de Marx. Si les Grecs souffrent longtemps et à concurrence d’au moins 60 % de la population, des contraintes imposées, ils demanderont la sortie de l’UE. Mais pour présager, il faudrait analyser le poids des classes moyennes grecques qui ont une préférence naturelle pour rester dans l’Euro dans la mesure où l’UE fait pour elles plus partie de projets d’existence (commerce, formation des enfants à l’étranger etc.) Si la sortie de la Grèce se faisait, on verrait de quoi l’Europe des technocrates est capable. Ça peut aller jusqu’à une nouvelle junte militaire pour peu que les think tanks y voient un intérêt économique. L’idée d’un sommet internationaliste Plan B est viable, mais il faut choisir le bon moment. Je pense là surtout à une fenêtre d’opportunité indispensable permettant d’impacter véritablement les populations européennes. Si nous faisons, avec cette idée, cavalier seul trop précocement, nous le resterons.

Tout à fait d accord nous devons éviter a tout prix une Europe Allemande

Il est temps que les économistes de la gauche alternative planchent sur les modalités concrètes et monétaires d'une sortie de l'euro, car effectivement on ne voit pas d'autre issue après ce qui s'est passé pour la Grèce.

La Grèce a essuyer les plâtres et nous avons vu qu'aucune confiance ne peux plus être accordée aux dirigeants(élus et non élus) de l'Europe. Le plan B (bien préparé) est incontournable et à mon avis doit être sans concession, pour rendre le libre arbitre à tous les pays et la liberté à chaque citoyen.

En tout cas, une réunion du PGE est indispensable pour que les gauches dites radicales et citoyennes en Europe, du Sin fein à Podemos et Syriza aient des stratégies communes. Il est également intéressant de regarder ce que des personnalités telles que J. Corbin en GB ou S. Fassina et G. Civati en Italie pourraient proposer. Le paysage politique européen se redessine, surtout à la gauche des PS et autres partis socio-démocrates. Des stratégies communes, des tribunes communes où l'on pourrait voir chaque leaders européens vraiment de gauche se soutenir les uns les autres, offriraient une visibilité pertinente dans chacun des pays. J'ai l'impression que chacun fait sa cuisine dans son pays.

C'est un cap à franchir et je suis d'accord pour faire ce pas décisif. Nous sommes loin de la réponse cependant. Plutôt affaiblie en ce moment, la force du Front de Gauche (dont je pense qu'il faudra bien vider l'abcès pour avancer) pourrait faire bouger les lignes, conjointement acec le PGE, c'est même un point de départ incontournable. Actuellement, sortir de l'Euro est-il suffisant ? Envisageons vraiment de sortir de l'Europe, avec les forces démocratiques des pays qui le voudront, voilà à mes yeux le vrai plan B à construire.

Il faut effectivement mettre en place ce plan B sans traîner, il y a urgence. J'espère un renversement des pays de droite vers une gestion de vraie gauche, comme semble l'indiquer la tendance actuelle en Grèce (malgré ce bémol), Espagne, Portugal, France, Royaume Uni, Belgique, Irlande, Italie, Islande et Pays-Bas. ce qui pourrait nous permettre d'envisager une coalition de pays capables de constituer une forme d' Europe sociale et solidaire à taille humaine (300 millions d'habitants), prenant le contre-pied de la troïka hégémonique des affairistes.

C'est un cap à franchir et je suis d'accord pour faire ce pas décisif. Nous sommes loin de la réponse cependant. Plutôt affaiblie en ce moment, la force du Front de Gauche (dont je pense qu'il faudra bien vider l'abcès pour avancer) pourrait faire bouger les lignes, conjointement acec le PGE, c'est même un point de départ incontournable. Actuellement, sortir de l'Euro est-il suffisant ? Envisageons vraiment de sortir de l'Europe avec les forces démocratiques des pay, voilà à mes yeux le vrai plan B à construire.

Tout à fait d'accord, sauf qu'il faut vraiment arrêter de l'appeler un plan B; en termes de com vous vous avouez déjà vaincus par tous ceux qui vous répondront, à juste titre, commençons par essayer le plan A et voyons voir. Vous aurez beau jeu alors d'essayer de leur expliquer que le plan A n'est pas réalisable. Plan de Libération Nationale ou un truc du genre serait quand même bien plus attirant... et en accord avec la réalite : dans l'euro there is no alternative!

Enfin une proposition internationaliste ! je l'attends de puis si longtemps, il est évident que devant une oligarchie mondiale, superbement organisée, ayant verrouillé toutes les institutions à leur profit depuis des années, il ne peut y avoir qu'une réponse internationaliste. Donc je suis partante, et je diffuse ce texte sur tous mes réseaux sociaux, j'espère que compte tenu de la gravité de la situation on pourra dépasser les querelles de clochers ... Allez Camarades, il est temps de s'indigner !

Je pense que pour faire adhérer l'ensemble de la population française à nos vues, outre cet effort de "plan B à plusieurs", les gens ont besoin de décisions concrètes pour leur pays.Sinon,les palabres à plusieurs peuvent prendre des mois. Il faudrait mener les 2 plans en même temps: que peut faire la France actuellement?clairement? réapproprier sa dette (comment,après audit?)récupérer sa souveraineté politique(#Otan et traités "mondialisés), un plan d'investissement reposant sur l'épargne française (comment rapatrier les fonds exilés et réquisitionner les banques en séparant leurs activités? emprunt garanti et forcé auprès des citoyens)Du concret, tout le reste sera considéré comme de l'idéologie politique, mais d'ici la réalisation du plan B, la France peut être totalement pillée comme l'a été la Grèce. Quant à l'Euro, qui présuppose 1 solidarité, soit un transfert de PIB du Nord au sud, c'est même pas la peine d'en rêver. Ce sera NIET et ça l'a toujours été.

Bonjour, Je ne pense pas que sortir de l'euro soit la solution, bien au contraire. Il faut revenir aux contrôles des prix, désobéir aux traités. Yanis VAROUFLAKIS n'a t-il pas dit que la Grèce servait de "terrain d'essai" que le but du Ministre des finances allemand, était d'anéantir la France. Je pense que nous pouvons nous ouvrir sur une autre EUROPE : L'EUROPE du SUD, ou l’Europe de la MEDITERRANEE, Cette Europe là, aurait deux avantages au moins :Le Premier en nous ouvrant vers la Méditerranée, nous développons notre économie, et l'économie des pays composant cette autre EUROPE - Le deuxième, en enrichissant ces pays, nous pouvons enrayer le mécanisme du terrorisme. Il nous faut arrêter ce jeu de massacre avec l'austérité : quelle austérité ? la dette des Banques ? 59%. Si nous exigeons que les banques remboursent leurs dettes, alors il ne restera aux pays qu'une dette normale, des dépenses logiques d'un pays. L'austérité n'a qu'un but : Préparer le terrain pour les multinationales, du GMT-TAFTA - PTCI ou encore CETA TISA nous n'en finissons plus. Il n'y a pas des milliers de solutions : La première désobéir sur certains points à l'EUROPE. Ce n'est pas normal qu'un pays, ne puisse pas être Maître chez lui. La montée du FN devrait nous faire réagir. Elle montre que nous sommes sur la mauvaise voie et que nous sommes presque au fond de l'entonnoir. Arrivée à un certain point de cet entonnoir, il y a le point de non retour. Je ne pense pas que nous en soyons très loin. Deux solutions : Nous rapprocher des BRICS (ce qui ne veut pas dire que nous approuvions tout ce qu'ils font chez eux, mais rien nous empêche de nous entendre au niveau économique) ou créer, au sein de cette EUROPE de la MEDITERRANEE, notre propre banque, comme eux, c'est à dire, notre BCM (BANQUE CENTRALE MEDITERRANNEENE, et l'équivalent du FMI. Je pense effectivement, que l'on peut essayer de désobéir à l'EUROPE actuelle, mais est-ce que nous y parviendrons ? Et comment ? et dans combien de temps. Je ne crois pas, à l'évolution de l'EUROPE actuelle. Mais je crois beaucoup au développement d'une EUROPE du SUD. Parviendrons nous à dompter l'ALLEMAGNE, non pardon, Angela... Mais L'ESPAGNE, L'ITALIE, La TURQUIE, le MAROC, LA TUNISIE L'ALGERIE, LA GRECE, CHYPRE, MALTE, NOUS et d'autres pays, nous pouvons développer une économie et une structure, capable et suffisamment forte. Avec bien entendu l'EURO comme monnaie. Imaginez que le prix du baril de pétrole, à ce moment-là, du fait de cette EUROPE soit en EURO ???? Je sais que la situation est tendue, car, si la CHINE prend la suprématie face au dollar, la stabilité est-elle garantie, des pays ????? Il paraît que cette situation, est entre les mains de l'EUROPE. Sommes nous capables d'éviter le pire ???

bizarrement les commentaires un peu critique n'ont pas le droit de citée ici... Autant être honnête et fermer les commentaires...

QUEL INTERNATIONALISME ? Guillaume Etiévant, responsable économque au PG, a commencé à nous expliquer plus en détail le plan B du PG : « si notre stratégie de désobéissance aux traités n’aboutit pas à une refonte radicale des traités européens, nous organiserons une sortie négociée de la zone euro, qui conduira à un changement radical de structure monétaire, via l’instauration d’une monnaie commune. Cette monnaie aurait un taux de change unique vis-à-vis des monnaies extérieures à la zone, et chaque pays membre de la zone retrouverait sa monnaie nationale. » Bien qu'Eric Coquerel, tirant le bilan de l'expérience Grecque, affirme que « on a la confirmation que rien ne sera possible dans le cadre actuel (de l'UE) », il semble à lire Etiévant que le PG se fait encore des illusions sur la possibilité d'une refonte radicale des traités européens. Et de fait, «avant une sortie négociée de la zone euro » le PG envisage clairement une première phase de négociation sur « une refonte radicale des traités européens » avec l'UE. Première illusion. Ensuite, si cette hypothèse échoue, le PG passera à la seconde phase, la phase négociée de la sortie de la zone euro. Deux étapes donc qui posent la question de savoir combien de temps le PG se donne t'il avant la sortie réelle de la zone euro, 1 mois, 3 mois, 6 mois, 1 an ? Car on l'a vu en Grèce, la gestion du temps en politique est un facteur décisif d'une victoire ou d'une défaite. Un peu plus de 6 mois aura suffit à l'UE pour étrangler financièrement la Grèce sans qu'il soit question d'une phase de négociation de sortie de la zone euro mais sur la légitimité d'appliquer le programme de Thessalonique. Le PG doit répondre à cette question sauf à s'embourber dans des négociations interminables et incompréhensibles, négociations démobilisatrices et démoralisatrices pour ceux qui auraient mis leurs espoirs dans cette stratégie sans repère dans le temps. Le PG veut rassurer l'électorat en mettant en avant les processus de négociations, c'est à dire qu'il serait possible de négocier pacifiquement la sortie de la zone euro. Mais croit t'il sérieusement à cette possibilité, l'UE bénissant «  un changement radical de structure monétaire », c'est à dire une seconde Europe contradictoire avec l'UE du capitalisme ? Le croire serait une illusion mortelle car le schéma que propose Etiévant ( 2 monnaies au sein de l'Europe dans 2 Union Européennes, avec dans l'une des monnaies nationales retrouvées) n'est pas viable et déclencherait immédiatement une guerre monétaire débouchant sur de plus gros problèmes que l'affaire Grecque. En politique, face à l'UE, au FMI, il faut savoir ce que l'on veut et agir sans plan compliqué et inextricable qui, tout au bout, nous ramène au point de départ, l'inévitable rupture et affrontement avec l'UE. C'est cette vérité nécessaire sans cesse argumentée par les exemples de l'actualité politique et sur la base d'un programme répondant aux besoins sociaux de la majorité de la population qui peut seule donner le courage de la conscience et de la fédération des peuples européens. En réalité, malgré les références « à notre désobéissance et aux mouvements sociaux », en écrivant « ce ne sera donc pas à la France de sortir de l’Union européenne, ce qui serait une position qui nous minoriserait et qui ferait le jeu de l’Allemagne et de ses alliés. La France devra construire d’autres solidarités avec les gouvernements qui le souhaiteront dans un nouveau cadre européen et internationaliste », Etiévant et le PG sont conscient des contradictions et des impasses de leur plan B et s'en sortent en subordonnant la sortie de la France de l'UE à un internationalisme du conditionnel, ce qui veut dire que la France ne sortira pas de l'UE et que le PG ne prendra pas ses responsabilités internationalistes en ne prenant pas la décision de la rupture unilatérale, en ne faisant pas le premier pas quand l'internationalisme devrait consister à montrer que c'est possible, que c'est arrivé, que ce n'est pas un rêve et que l'on peut vivre sans l'UE et sa machine à détruire les acquis sociaux.

"Et parce que les traités de l’UE sont conçus pour cette politique, on a la confirmation que rien ne sera possible dans le cadre actuel" Et bien voilà monsieur Coquerel, vous avez mis le doigt dessus ! Les traités Interdisent toute politique alternatives. Il ne s'agit pas de les renégocier pendant des siècles mais de les dénoncer. A partir de là tout devient possible, une reconstruction avec l'arc méditerranéen par exemple ou tout autre formule qui respecte les intérêts des français tout en promouvant une coopération avec les pays antilibéraux.

Les lignes bougent en Europe. Des mouvements et des leaders représentants une gauche qui ne transigent pas avec l'euro-libéralisme font surface. Je pense bien sûr à Podemos, l'aile gauche de Syriza avec Varoufakis qui j'espère se présentera aux législatives de septembre( avec tout mon respect pour Tsipras), l'aile gauche du PD italien avec Stefano Fassina, le Labour qui va virer à gauche toute avec J. Corbin, le Sin Fein, Die Linke et O. Lafontaine etc... etc... Tout ce petit monde doit se réunir, se rendre visible médiatiquement pour échanger sur l'Europe et définir une stratégie en se soutenant les uns les autres par des campagnes commune. Le PCF et EELV, je parle des appareils, je n'y crois plus, ils resteront indéfectiblement liés au PS. Ils en on trop besoin par rapport à leurs élus et financièrement. Cheminons avec ou sans eux mais dans la clarté et la cohérence. Cordialement.